Un goût d’école à la maison

Ca y est, un vent de panique souffle sur les familles françaises … C’est le casse-tête chinois pour s’organiser, garder les enfants, les faire travailler (désolés pour ceux qui croyaient être en vacances …), et en même temps, gérer son boulot, et le cours « normal » de sa vie. Bref. La vie quoi.

Je me sens privilégiée, moi, ainsi que ma famille, de pouvoir aborder les choses sereinement. Les circonstances de la vie ont fait que cette « pause forcée » tombe au moment où je suis justement à la maison pour me consacrer à mon foyer. Honnêtement, je suis même assez enthousiaste de passer ce temps privilégié avec mes enfants. Et puis, c’est un peu comme si mon rêve enfoui d’école à la maison se réalisait … (et la socialisation, me dit-on, mais bon).

Je suis enthousiaste parce que cette période incitera peut-être certains parents à s’impliquer davantage dans l’éducation de leurs enfants. Non pas que maintenant, on s’en fiche, mais au cours des années, on ne peut malheureusement que constater une vague de démission dans nos rôles parentaux. Comme si, désormais, ce n’était plus nous, parents, les premiers responsables de nos enfants, mais l’école, la société, … les autres, quoi. Je ne dis pas du tout ça pour taper sur les gens qui font garder leurs enfants et qui n’ont d’autre choix que de travailler à des horaires ne leur permettant pas de profiter de leur vie de famille. Simplement, ces fermetures d’école vont imposer à certains parents des tête-à-tête forcés avec leur progéniture. Peut-être un moyen de se (re) découvrir. Un moyen de rétablir le contact. De se reconnecter les uns aux autres.

Je pense aussi à nos chers enseignants. Peut-être que ce temps d’école à distance redorera un peu le blason de leur profession si dénigrée. Parce que non, ce n’est pas donné à tout le monde de transmettre un savoir. De gérer des classes de trentaine d’élèves. D’être obligé de « bricoler » avec les moyens du bord, faute de financement. Peut-être qu’on aura un peu plus de compassion pour toutes ces personnes qui travaillent auprès de nos enfants et qui subissent de plein fouet le désintérêt croissant que l’on porte aux plus petits.

Enfin, je ne peux pas évoquer l’école à distance sans parler du numérique. Est-ce qu’on va enfin apprendre à utiliser ce formidable moyen de COMMUNICATION (et non de chacun s’isole dans son coin devant son écran) qu’est Internet. Est-ce qu’au lieu d’être asservi à cet ogre qui bouffe notre temps sans qu’on s’en rende compte, on va enfin apprendre aux gens à le dompter, et à en tirer le meilleur de l’information ? Ce n’est peut-être être pas l’occasion, étant donné la mise en place qui s’est faite un peu en mode « urgence », mais je crois qu’il y a un vrai chantier sur le sujet du numérique dans notre société. Non seulement pour tous ceux qui sont en quête d’équilibre dans leur vie numérique mais également auprès de cette partie de la population qui n’accède pas à ces technologies, … faute de moyens, peut-être, mais surtout, faute de compétences. Alors, oui, on va se rendre compte de cette fracture numérique. On va aussi ce rendre compte qu’on n’est pas devant le Grand Méchant Web, et que pour une fois, il devrait être utilisé à des fins « louables », pour transmettre des savoirs, pour communiquer sur des choses importantes, en lien avec « la vraie vie » … Une belle passerelle, en somme.

Ah… J’ai le sentiment que cette saison va faire naître des vocations. Des remises en question. Des envies d' »ailleurs » . Ou de nouveauté. Un peu comme si on nous bousculait de force de notre fauteuil pour se rendre compte qu’il y a d’autres choses dans la vie… Dieu fait bien les choses 😉.

Et sur ces belles paroles, je nous souhaite à tous, bon courage pour cette nouvelle aventure !